Son univers offre aussi quelque chose d'analogue à celui de Franz Kafka. Ce qui me touche encore, c’est la beauté. Aleksandr Vladimirovich . Et le rideau tombe lentement. Une vie assez vide : « côté cœur, je ne sais pas, ça s’est mis en veilleuse. La pièce est composée de quatre actes, sans aucun découpage en scènes. Elle a été mise en scène, pour la première fois, en 1899, au Théâtre d’Art de Moscou, par Stanislavski et Némirotitch-Dantchenko, avec Stanislavski lui-même dans le rôle du médecin Astrov et Olga Knipper dans celui d’Élène. La pièce présenté est une réadaptation de l’oeuvre de Anton Tchekhov, intitulée « oncle Vania » et datant de 1899. Contrairement à Vania, il n’éprouvait pour elle qu’un désir physique, sans la moindre sentimentalité. Oncle Vania (Дя́дя Ва́ня) est une pièce de théâtre d'Anton Tchekhov de 1897 qui mélange le drame et le comique. Pour notre génération, qui est en … La scène est figée, comme si le temps ne s’écoulait pas. «–  Allons, oncle Vania, mettons-nous à un travail quelconque. Nous allons vivre une longue, longue file de jours, de soirées, nous allons patiemment supporter les épreuves que nous inflige notre sort… Nous allons avoir, tous les deux, mon cher oncle, une vie lumineuse, belle, harmonieuse, qui nous donnera de la joie, et nous penserons à nos malheurs d’aujourd’hui (la turbulence des hurluberlus qui sont partis) avec un sourire ému, et nous nous reposerons. Souffrance de vies g ch es, d amours impossibles et d avenir improbable. Il ne reste qu’un drame feutré, qui correspond bien à l’enlisement des personnages dans une vie « crasseuse » et sans intérêt…. » (cité par S. Laffitte, p. 96). https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-theatre-et-balagan/20100506.RUE9454/le-theatre-de-l-unite-promene-oncle-vania-a-la-campagne.html, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Oncle_Vania&oldid=177513722, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. Ainsi, la haine de Vania pour Sérébriakov n’est jamais vraiment motivée : jalousie ? Ils sont au nombre de cinq : le vieux professeur Sérébriakov, sa jeune épouse Elena, sa fille Sonia (née d’un premier mariage, elle est à peu près du même âge qu’Elena), Ivan Voïnitski, dit Oncle Vania, le médecin Astrov, et enfin Téléguine, propriétaire terrien ruiné, probablement à la suite des réformes de 1861. Mais en 1894, il avait écrit à son ami Souvorine : « Quant à la philosophie tolstoïenne, elle m’a touché profondément, j’ai été subjugué par elle pendant dix-sept ans environ… Mais maintenant, quelque chose en moi proteste ; le raisonnement et le sens de la justice me disent que dans l’électricité et dans la vapeur il y a plus d’amour du prochain que dans la chasteté et le refus de manger de la viande.«. » dit Astrov à Vania, p. 87. Une dispute éclate entre Sérébriakov, qui veut gager le domaine sans se soucier de l'avenir de sa fille, et Ivan Voïnitski, qui fait mine de tuer son beau-frère. Rien ne me dit, je n’ai besoin de rien, je n’aime personne... » (p. 13), 37 ans environ, et la passion des forêts : il travaille pour l’humanité future, comme Tchékhov lui-même. La pièce est d'abord jouée dans d'autres villes de province et n'est créée au Théâtre d'art de Moscou que le 26 octobre 1899, après de nombreuses retouches, avec Olga Knipper dans le rôle d'Éléna. Et il y a les beaux bruits : la cloche d’un hospice, le vent dans les arbres et le brasillement des étoiles. • Alexandre Vladimirovitch Sérébriakov : professeur à la retraite ; Les bonheurs possibles des uns et des autres s'entrecroisent sans jamais se trouver. « Il y a l'argent, l'ambition déçue, la tromperie, l'amertume, la mort. Elle représente « l’âme russe » : passive, elle rejette tout changement dans l’ordre des choses (les bouleversements apportés par les citadins l’ont exaspérée et scandalisée), et elle ne prend rien au sérieux : « ils vont crier, les jars, et puis se taire« . Trahir un vieux mari qu’on ne peut pas supporter – c’est immoral ; mais s’efforcer d’étouffer en soi-même sa malheureuse jeunesse, ses sentiments vivants – ça, ce n’est pas immoral... » (p. 18-19) et à Elena elle-même, il dit « je ne l’aime pas, cette philosophie !«. Ses visites au domaine sont devenues beaucoup plus fréquentes. Astrov est incapable d'aimer les autres. Alexandre Vladimirovitch Sérébriakov : professeur à la retraite ; Éléna Andréevna : la jeune femme du professeur, 27 ans ; Sophia Alexandrovna (Sonia) : fille d'un premier lit de Sérébriakov ; Maria Vassilievna Voïnitzika : veuve, mère de la première femme du professeur ; Ivan Petrovitch Voïnitzki : « oncle Vania », son fils ; Ilia Ilitch Téléguine : propriétaire terrien ruiné ; Ivan Voïnitski (oncle Vania), devenu rêveur et paresseux, jalouse son beau-frère Sérébriakov, professeur à la retraite et. Mikha l Lvovitch Astrov, m decin, est un personnage d Oncle Vania de Tch khov dont la premi re eu lieu le 26 octobre 1899.Oncle Vania est une pi ce tr s sombre. La mise en scène de Philippe Nicaud est efficace et accessible. Quant aux hommes…, « Les paysans sont pareils, tous, arriérés, ils vivent dans la crasse, et les gens cultivés, il est difficile de s’entendre avec eux. Il ne reste donc que des substituts, des ersatz plus ou moins efficaces : Mais s’il n’y a pas cet au-delà qui rachète toutes les souffrances, alors la situation est vraiment désespérée… On frôle ici le théâtre de l’absurde : la vie est une mascarade dépourvue de sens. 47 ans ; il gère le domaine foncier de son ex-beau-frère, Sérébriakov, avec l’aide de la fille de celui-ci, Sonia. Elle affirme avoir épousé son mari par amour, non par intérêt, mais elle ne l’aime plus ; Vania et Astrov sont amoureux d’elle. Les personnages d'Oncle Vania évoquent à Oncle Vania est la deuxième parmi les quatre grandes pièces de Tchekhov. Et au nom de quoi ? Croit-elle réellement ce qu’elle dit, ou s’efforce-t-elle simplement de consoler Vania et d’oublier elle-même son échec amoureux et sa solitude ? Elle n'est pas belle et se fane encore plus dans la solitude. Il n'aime plus s'occuper de ses patients et n'aime plus personne. Elle raconte la fin du séjour d'été mouvementé d’Ivan Voïnitski (l'oncle Vania qui donne son nom à la pièce), de sa mère et de sa nièce, chez le vieux professeur Sérébriakov et sa jeune épouse Eléna. Elle est l’une des seules à se préoccuper des autres, à consoler, à se montrer généreuse ; elle est aussi la seule à résister à la torpeur qui s’est emparée de la maison à l’arrivée de Sérébriakov et d’Elena, et à laquelle même Vania a succombé. Il ne supporte pas de se voir vieillir et vit de manière décalée : il écrit la nuit, dort le jour…. Enfin, un théâtre où le silence est essentiel, où les dialogues sont entrecoupés de longues pauses : « je ne sais pourquoi, le bonheur et le malheur extrêmes ne s’expriment le plus souvent que par le silence ; les amoureux se comprennent mieux quand ils se taisent. D’où une évidente volonté à la fois de convaincre et de consoler. Mikhaïl Lvovitch Astrov. (À Olga Knipper, 2 janvier 1900). Les personnages se connaissent tous depuis longtemps, dix ans au moins. Il ne reste, pour rendre ce présent tolérable, que les illusions sur un « au-delà », auquel l’incroyant Tchékhov n’ajoute nullement foi…, Et pourtant, certains, comme Giono, prennent au pied de la lettre le discours de Sonia, et y voient la célébration du bonheur « provincial », contre la folie des citadins…. » Vania est la figure du désenchantement ; après sa disparition, la vie renaît. Il a eu du succès auprès des femmes. Celui-ci ne serait-il qu’une pure illusion ? Elle est amoureuse du docteur Astrov depuis très longtemps, mais lui ne l'aime pas et ne la remarque même pas. Et sa foi souligne, par antiphrase, le message désespéré de la pièce. Le théâtre de Tchékhov est donc à l’opposé du théâtre classique, tel qu’il a été codifié par le dix-septième siècle français : unité d’action, structure stricte comprenant une exposition, une intrigue, une crise, un dénouement ; à l’opposé aussi du théâtre baroque shakespearien, ou du drame romantique, mettant en scène des personnages d’exception dans des situations elles aussi exceptionnelles. Les 9 personnages originaux de la pièce Oncle Vania sont réduits à 5 protagonistes incarnés par des comédiens habités et émouvants dans une intrigue qui fascine un public conquis. Vania lui-même ne répond pas ; si même il entend Sonia, il ne croit pas un mot de ces consolations. La pièce est une succession d'instants de vie. » Elsa Triolet p. 11 « L’artiste ne doit être le juge ni des personnages, ni de ce qu’ils disent. Daniel Veronese adapte Oncle Vania, en insérant des scènes de la pièce Les Bonnes de Jean Genet : Jouée pour la première fois en 1947, Les Bonnes de Jean Genet, est une pièce en un acte à trois personnages : Claire et Solange (les bonnes) et « Madame » et un troisième personnage que l’on ne voit pas « Monsieur », l’amant de Madame. Un bonheur négatif, comme si être heureux consistait uniquement à n’être pas malheureux… Répétition obsessionnelle de ce « nous nous reposerons« , qui évoque surtout la mort. Toute sa sagesse, et tout son bonheur tiennent dans l’acceptation fataliste, résignée, de ce qui est. » (p. 19). Après ça, moi, je n’ai jamais failli à mon devoir. A cet égard, le théâtre de Tchékhov apparaît comme radicalement nouveau, et de fait, il a eu peine à s’imposer : la Mouette connut d’abord un échec retentissant, et il fallut tout le talent de Stanislavsky, metteur en scène du Théâtre d’Art de Moscou, et d’acteurs comme Olga Knipper, pour que cette dramaturgie étonnante finisse par triompher…. Dans La Mouette ou Ivanov, un personnage se suicide ; dans Oncle Vania, Vania tire sur Sérébriakov… Mais ces actions ne constituent nullement un dénouement. par Anton Tchekhov. Tout le ressort de la pièce repose sur les émotions, les sentiments, et non sur les péripéties : « les gens dînent, ils ne font que dîner, et, pendant ce temps, s’édifie leur bonheur ou se brise leur vie ». Voynitskaya, Maria Vassilievna, la veuve d’un conseiller privé, la mère de la première femme du professeur. Rien ne me dit, je n’ai besoin de rien, je n’aime personne.. ils vont crier, les jars, et puis se taire, Elle pose la tête sur la poitrine d’Astrov, je ne pourrai plus m’attacher à quelqu’un. Là encore, les personnages se divisent en deux groupes très inégaux : « Quand je suis dans cet état-là […] j’entreprends les opérations les plus risquées et je les mène avec brio ; je trace les plans d’avenir les plus impressionnants ; pendant tout ce temps-là, je ne me sens plus toqué, et je crois que, oui, je suis immensément utile à l’humanité toute entière… immensément ! Bernard Starck exaspérant à souhait en vieillard geignard. Elle n'est plus amoureuse de son mari et se sent séduite par le docteur Astrov. Il fait chaud, bon. Chacun de ces personnages a sa propre conception du bonheur, et aspire à être heureux. Nous avons le temps (formule très rare). Jean Giono, La Chasse au bonheur, Gallimard, Paris, 1988 pourquoi ? (p. é7). Il est l’un des seuls personnages, avec Sonia, qui n’ait pas pour unique préoccupation sa propre personne ! Oncle Vania: c’est la question écologique. Le domestique (Téléguine) entre sur la pointe des pieds, s’assied près de la porte et accorde doucement sa guitare. Mais cela ressemble à ces consolations que l’on donne à un malade, sans y croire soi-même : répétition de « je crois » ; contraste entre les paroles et le ton « je crois avec ardeur » – « d’une voix épuisée ». Une situation comparable : le Jardinier, humble serviteur que l’on a voulu imposer à la princesse Electre pour l’humilier, et qui l’aime, comprend qu’elle ne sera jamais sa femme, et que sa situation est désespérée. Alcoolique, mais lucide, il sait que la vodka est le seul moyen de rendre sa vie supportable. » (p. 88), Pourtant, Tchékhov n’est pas si désespéré : il croit profondément au progrès, et à un possible bonheur pour une humanité régénérée… mais dans plusieurs générations. Les personnages sont touchants par leurs défauts, leurs qualités et leurs souffrances. Oncle Vania. Eléna Andreïevna, sa femme, vingt-sept ans. Je n’aime personne… et je n’aimerai plus. Elle serait prête à tomber amoureuse d’Astrov – par ennui. ; le pédant, éloigné de la réalité, qui croit avoir accompli une œuvre importante, alors qu’il n’a écrit que des fadaises, et qu’il reste un parfait inconnu ! Propriétaire foncier ruiné, parrain de Sonia, et qui vit au domaine. Face à cela, le Jardinier parle d’amour, d’espoir… sans illusion. On comprend vite qu'il est tombé sous le charme d'Elena. Je l’aide autant que je peux, j’ai donné tout mon bien pour l’éducation des petits qu’elle s’est fait faire par celui qui l’aimait. En retraite, il se sent exilé à la campagne, et regrette le temps de sa gloire (p. 34) ; incapable d’aimer, il tyrannise son entourage, et ne semble même pas profiter de la beauté d’Elena : il ne l’aime visiblement pas, et la traite comme une simple infirmière…. Ils évoquent de vieux souvenirs et Astrovregrette de se voir vieillir si rapidement, de se vider progressivement de toutaffect. Sonia est la fille du professeur et de sa première femme. … Il écrit « pour ouvrir des portes ouvertes ». Elle s’ennuie : « je meurs d’ennui, je ne sais pas quoi faire » (p. 57) mais elle refuse de s’occuper du domaine comme le lui propose Sonia ; elle n’aime personne, et en particulier son vieux mari, à l’égard de qui elle a une attitude presque maternelle. Une vie gâchée également ; il aime en vain Elena, et hait son vieux mari. […] Cette fidélité est fausse du début à la fin. Oncle Vania met en scène des personnages insatisfaits, « une famille recomposée montrant à elle seule la condition humaine », selon Pierre Pradinas. Tchékhov préfère le simple écoulement de la vie, du temps. Astrov exprime cette foi en l’avenir, seule perspective possible : d’un côté, il songe que. Le contrepoint des  autres personnages souligne encore l’éternelle répétition, l’absence d’avenir : Téléguine joue de la guitare, Marina tricote son bas (ce qui suppose que c’est un geste habituel, sempiternel), Maria s’est replongée dans sa marotte et annote ses brochures… et le gardien frappe sur sa planchette, un bruit répétitif déjà entendu. L’histoire, centrée sur l’adultère, montrait Vania séduisant pour de bon l’épouse du professeur, mais se suicidant après la dénonciation de Khroutchev ; celui-ci épousait Sonia… Oncle Vania reprend les personnages, mais simplifie à l’extrême l’intrigue : Elena ne cède ni à Astrov, ni à Vania ; le suicide de celui-ci n’est plus qu’une velléité sans réalisation… en revanche, le personnage d’Astrov s’est enrichi : moins vertueux, plus cynique, il est aussi plus désespéré. « les gens dînent, ils ne font que dîner, et, pendant ce temps, s’édifie leur bonheur ou se brise leur vie ». Le bonheur semble donc bien inaccessible au présent. Le succès n'est pas immédiat. Il a tout sacrifié pour Sérébriakov : il a géré le domaine contre un salaire de misère, a contribué à payer les dettes, et a même aidé son beau-frère dans son œuvre, en traduisant des textes avec Sonia, le tout sans obtenir la moindre reconnaissance. Autour de l’oncle Vania, homme plein de bonté, de modestie et d’abnégation, et du célèbre professeur Serebriakov, - ex-beau-frère de l’oncle Vania qui s’est remarié avec la belle Héléna Andreevna, - une tension hostile se crée du simple fait de la … Beaucoup plus jeune que son mari, elle est très belle, et s'ennuie profondément au domaine. Dès octobre 1898, Anton Tchekhov écrit à son frère Mikhaïl : « Mon Oncle Vania est joué dans toute la province. C'est une, La dernière réplique de la pièce a inspiré. Astrov est donc l’image d’une philosophie, idéaliste et passéiste, que Tchékhov récuse. En 1890, tchekhov retravaille son texte en diminuant le nombre de personnages et en resserrant son drame : la pièce est devenue Oncle Vania. Le professeur Sérébriakov est égoïste et se plaint tout le temps. » (p. 43). Au-delà des tensions qui vont apparaître, les personnages ont en commun la souffrance. Cela n’empêche pas un certain lyrisme de faire parfois irruption dans les dialogues, comme dans le fameux « lamento » de Sonia, ou la fin de la Cerisaie, souvent associé au thème de la rédemption. Oncle Vania paraît en 1897, dans un recueil de pièces ; elle sera jouée pour la première fois le é6 octobre 1899 au théâtre artistique de Moscou, avec Olga Knipper, la future femme de Tchékov, dans le rôle d’Elena. Ironie suprême de son adieu : « Il faut agir et faire » (p. 94) ; lui qui n’a jamais rien fait !…. » (Les Ennemis, 1887). La force d'expression de deux des principaux personnages, laminés par la vie, Oncle Vania et le médecin, n'en est que plus bouleversante. Sonia ne s’y intéresse que par amour, et Élena ne cache pas son ennui…. La nièce et l’oncle sont penchés maintenant sur leurs registres et leur boulier. Résumé. Tous les personnages s’engluent dans une vie « ennuyeuse, creuse, crasseuse » (p. 12) et désespérante, sans perspective : « Une vie nouvelle, tu parles ! Petite bourgeoise soumise aux conventions, elle se définit par le mot « paresse ». Téléguine est un propriétaire ruiné qui vit au domaine, aux crochets de Sonia et d'Oncle Vania. Sérébriakov est la caricature des intellectuels froids et égoïstes. Et peut-être même un moteur d’avion, très haut dans les airs (un seul aussi, un courrier; il va ailleurs). Pourtant, son existence à lui aussi fut terrible : affligé d’un physique peu séduisant, le visage criblé de marques de petite vérole (d’où son surnom), abandonné par sa femme le jour même des noces, il a pourvu à l’existence de cette dernière et des enfants qu’elle a eus d’un autre… et il se retrouve parfaitement seul. Même empli de mots d’espoirs, ce « lamento » a des accents désespérés. Quoi qu’il en soit, le bonheur est inaccessible au présent, dans cette vie « petite-bourgeoise » que Tchékhov exècre, comme tous ses personnages, mais dont ils sont incapables de sortir. p. 63-65. plus loin que ce que vous imaginez, plus loin que les polytechniques. (posthume : chroniques de 1966-1970), coll. Après l’explosion de violence de Vania, la scène se vide, et tout recommence comme avant, avec encore moins d’espoir et d’issue…, Un théâtre de la vie quotidienne : Tchékhov rejette les personnages d’exception et les actions héroïques. Elisaveta Boyarskaya (du 16 au 19) en alternance avec. « je ne sais pourquoi, le bonheur et le malheur extrêmes ne s’expriment le plus souvent que par le silence ; les amoureux se comprennent mieux quand ils se taisent. Ils sont au nombre de cinq : le vieux professeur Sérébriakov, sa jeune épouse Elena, sa fille Sonia (née d’un premier mariage, elle est à peu près du même âge qu’Elena), Ivan Voïnitski, dit Oncle Vania, le médecin Astrov, et enfin Téléguine, propriétaire terrien ruiné, probablement à la suite des réformes de 1861. C’est pourquoi, quand Sérébriakov parle de vendre le domaine, il explose et tente de le tuer. L'alcool lui sert de refuge pour exprimer sa sensibilité et ses rêves. Cette fiche de lecture sur Oncle Vania d'Anton Tchekhov propose une analyse complète de l'oeuvre : • un résumé d'Oncle Vania • une analyse des personnages • une présentation des axes d'analyse d'Oncle Vania d'Anton Tchekhov Notre fiche de lecture sur Oncle Vania d'Anton Tchekhov a été rédigée par un professeur de français. Dans Oncle Vania, Tchekhov s’est contenté de dessiner une constellation de personnages réunis dans la maison de Sérébriakov, une collectivité qu’il ne juge pas et dont l’agencement, bien plus que les destinées individuelles, est significatif. Sonia lutte de toutes ses forces contre le désespoir de son oncle Vania. Sofia Alexandrovna (Sonia), sa fille issue de son premier mariage. C’est un homme élégant (il porte une « cravate de dandy »), cultivé (il cite du latin, évoque Dostoïevski et Schopenhauer) ; mais il a complètement manqué sa vie : jadis « homme phare », il a perdu toutes ses convictions ; sans doute attiré par Élena dès leur première rencontre – mais non suffisamment amoureux – il ne s’est pas déclaré et l’a laissée épouser Sérébriakov ; et il est incapable de la séduire. Présentation des personnages. Dans un moment nous  allons entendre la nuit, les rumeurs confuses, l’aboi d’un chien, le hennissement d’un cheval (il y en a encore en province) ; admettons même un moteur d’automobile, sur la route  départementale (un seul). »(LettreàA.Souvorine,3novembre1888.) Il est effrayé de la dégénérescence de la nature, que n’accompagne en Russie aucun progrès social : il a les préoccupations de Tchékhov, dont il est le porte parole. « ceux qui viendront dans cent ans, deux cents ans, et à qui nous frayons la voie, s’ils viennent à penser à nous, est-ce qu’ils penseront du bien de nous ? société, solitude, angoisse), alliées à une remise en cause des codes réalistes et psychologiques, vont dans le sens de la modernité. Khrouchtchev devient astrov, et ses Cette chute de rideau, c’est notre vie, cher Monsieur. Marina tricote son bas.) La nièce (Sonia) dit : –  Nous allons vivre, oncle Vania. La Russie, 1850-1905 : chronologie, économie et politique, littérature, théâtre, musique, Vania et Astrov aiment Elena qui n’aime personne, Sonia aime en Astrov sa créativité, son dévouement aux autres ; mais elle déteste son alcoolisme et sa propension à se détruire : «, Astrov ne voit, ou ne feint de voir en Elena qu’une allumeuse, une séductrice : il déguise la proie en prédatrice, en l’appelant «. Valeur péremptoire des futurs ; utilisation du « nous » qui établit une solidarité indestructible entre elle et Vania, une communauté de destin ; polysyndète (répétition du « et ») qui donne à la phrase un rythme insistant, obsessionnel, les arguments venant s’enchaîner les uns au autres ; rythmes ternaires (lumineuse, splendide, pleine de grâce ; douce, tendre, légère comme une caresse…) Répétition du « nous nous reposerons« …, Elle multiplie aussi les gestes de tendresse  presque maternelle (voir les didascalies) ; elle s’adresse à lui comme à un enfant : « toi et moi », « attends un petit peu ». Ses personnages sont des hommes et des femmes ordinaires, englués dans le quotidien. Philo-lettres de Michèle Tillard est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit. Louise Marleau (Éléna) et Jean-Marie Lemieux (Vania), au Bois de Coulonge. (Téléguine joue doucement de la guitare. Maria Vasilyevna Voynitskaya. La pièce semble bâtie comme une tragédie classique : Tous les personnages sont donc enfermés dans une impasse. Tous autant qu’ils sont, nos bons amis, ils pensent petitement, ils sentent petitement, et ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Aucun des personnages n’a donc réussi à atteindre le bonheur ; tous sont marqués par l’échec et la désespérance. C’est toujours mieux que rien, une vie lumineuse, splendide, pleine de grâces, Cette chute de rideau, c’est notre vie, cher Monsieur. Oncle Vania est une pièce de théâtre d'Anton Tchekhov de 1897 qui mélange le drame et le comique.. Cette pièce est inspirée de la pièce Le Sauvage, également d'Anton Tchekhov.La pièce est d'abord jouée dans d'autres villes de province et n'est créée au Théâtre d'art de Moscou que le 26 octobre 1899, après de nombreuses retouches, avec Olga Knipper dans le rôle d'Éléna. des personnages tchékhoviens, le goût amer de ses propres déceptions. Elle aime sans espoir le docteur Astrov, qui ne la remarque pas. L’un des personnages principaux – Astrov – parle sans cesse du dérèglement climatique, de la défo-restation massive, de la disparition de la biodiversité, de la destruction de la nature par l’homme. Dans OncleVania,Tchékhov s’est contenté de dessiner une constellation de « ceux qui viendront dans cent ans, deux cents ans, et à qui nous frayons la voie, s’ils viennent à penser à nous, est-ce qu’ils penseront du bien de nous ? Incapable de faire autre chose que manger, boire, chanter et jouer de la guitare, il est l’incarnation même d’une vie parfaitement creuse et inutile. Dans « Oncle Vania », Tchekhov a renoué avec ses thèmes familiers : la lente usure des âmes dans la répétition des gestes quotidiens, l’ennui de la vie oisive à la campagne, l’échec inéluctable Tchékhov avait écrit en 1889 une première pièce, le Sauvage ou l’Esprit de la forêt (en russe Liechi) dont le personnage principal, sous le nom de Khroutchev, était une première figure d’Astrov : un médecin passionné d’écologie, homme vertueux et rigoureux. Je ne comptais pas du tout sur cette pièce[2]. Et pourtant, l’amour semble leur tomber dessus à l’improviste, du seul fait qu’ils se retrouvent en vase clos à un moment particulier : Dans tous les cas, l’amour qu’éprouvent les personnages a une origine « impure », qui ne doit rien aux qualités de la personne aimée, ni à l’élan de celui qui prétend aimer : jalousie, haine, rivalité sont les « moteurs » de l’amour, quand ce n’est pas un simple désir sexuel dépourvu de sentiment, comme pour Astrov. Notre situation, à toi et à moi, est désespérée« . L’ Oncle Vania est une comédie dramatique, un comédie du désenchantement. Sérébriakov et la gloire universitaire, Astrov et l’action « écologique », Sonia, Elena, Astrov, Vania et l’amour… tous échouent à trouver le bonheur. Chacun de ces personnages a sa propre conception du bonheur, et aspire à être heureux. Il est seulement attiré par la nature. (p. 62) ; mais elle recule, par souci des convenances. Ecoutons maintenant par exemple la dernière scène d’Oncle Vania ; cette pièce de Tchékov est bien le prototype de « ce mot hideux : la province ». Curieusement, c’est Téléguine, le personnage le plus nul, le plus sot qui en donne la meilleure définition : « Moi, ma femme, elle s’est sauvée de chez moi avec l’homme qu’elle aimait, par suite de mon physique peu attractif. L’absence d’action : les personnages agissent peu, il ne se passe pas grand-chose. Les personnages et leurs relations sont complexes et subtils. Le bonheur, je l’ai perdu, mais ma fierté, je l’ai gardée. Sérébriakov, Alexandre Vladimirovitch, professeur à la retraite. Les plumes grincent, le grillon chante. Contre toute espérance, elle s’efforce de continuer à espérer : c’est le sens de sa dernière tirade. Aucun des personnages ne semblent réellement savoir ce qu’est l’amour : Elena ne peut en parler que sur le mode négatif (elle a cru aimer Sérébriakov, mais ce n’était qu’illusion) ; Astrov le réduit à une pure attirance sexuelle, Vania à une idéalisation sans contenu, et pour Sonia, c’est un mélange indistinct d’admiration, de compassion, de tendresse quasi maternelle… Chacun y trouve l’espoir d’un dérivatif, ou d’une échappatoire à la vie qu’il mène, une issue à l’ennui et à la désespérance. Avec Vania, elle gère le domaine campagnard de son père Sérébriakov. Voynitski, Ivan Pétrovitch, son fils. C’est bien cela qui réclame le plus de mobilité dans le jeu des acteurs. Personnages. Toutes les références seront données dans cette édition. Elle a beaucoup de rhétorique mais pas de logique. Dans son épuisement, Sonia n’envisage le bonheur que comme un « repos », une « ataraxie » épicurienne, c’est à dire l’absence de souffrance. Oncle Vania, qui est le frère de sa première femme Serebryakov, grommelle que, depuis lors, en tant que professeur est venu à la maison avec sa seconde épouse, toute la manière habituelle si renversée. A nous d’en décider… De même, nous ne saurons pas pourquoi Astrov a renoncé à l’amour, et s’est forgé une conception si cynique et si misogyne de l’existence… De la même façon, Tchékhov renonce à l’unité des passions et des caractères : « Pourquoi faut-il absolument centrer le héros sur une seule passion, un seul sentiment, et ne pas montrer un être simplement intelligent, qui éprouve à des degrés divers toutes les sensations, toutes les émotions ? Yulia Peresild (du 21 au 26) Ilya Ilych Telegin . Elle exploite le domaine avec son oncle Ivan, qu'elle appelle « Oncle Vania ». côté cœur, je ne sais pas, ça s’est mis en veilleuse. Dans le jardin d’une propriété dans uneprovince russe isolée. Céline Spang est parfaite en Elena, Fabrice Merlo touchant en oncle Vania accablé par le destin. Marie prend des notes en marge de son livre. Helena Andreyevna Serebryakova. Le veilleur de nuit tambourine. » (p. 13) ; « si, dans mille ans, les hommes sont heureux, eh bien, ça sera aussi, un tant soit peu, à cause de moi ». On est toujours au bord de quelque chose… au bord des larmes ou du rire ! Elle doit avoir une vingtaine d’années. Et l’on ne peut même pas imaginer Sisyphe heureux ! Résumé. C'est un intellectuel vieillissant qui se sent comme exilé dans sa propriété campagnarde. Et elle ? pas, j’en aimerai une autre. Tous autant qu’ils sont, nos bons amis, ils pensent petitement, ils sentent petitement, et ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. « Dieu aura pitié de nous » : les peines d’ici-bas trouveront leur récompense dans l’au-delà, mais sous forme de « compassion », de « pitié ». « Les paysans sont pareils, tous, arriérés, ils vivent dans la crasse, et les gens cultivés, il est difficile de s’entendre avec eux. licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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